Avec la sortie du drone DJI FPV, le FPV (First Person View) ou « vol en immersion » risque d’encore plus se démocratiser. Bien que se type de vol soit très plaisant, les règles sont strictes certaines précisions doivent être éclaircies.

Cependant, il faut être conscient qu’un drone FPV peut être plus dangereux qu’un drone stabilisé : vitesse supérieure, mouvements plus larges, vol en immersion avec un casque empêchant d’apprécier totalement l’environnement aux alentour. Autant de raisons pour redoubler de vigilance et pour respecter la réglementation concernant les aéronefs sans équipages à bord c’est-à-dire les drones.

L’exploitation d’un drone FPV en loisirs, comme tout aéronef sans équipage à bord, doit obéir à la réglementation européenne en catégorie ouverte, en vigueur depuis le 31 décembre 2020.

  • Hauteur maximale à 120m

Le drone doit toujours être conservé à une hauteur maximale de 120m (certaines zones peuvent être soumises à d’autres restrictions de hauteurs tel que les zones proches des aéroports ou les pistes de décollage d’ULM). On ne parle pas d’altitude mais de la hauteur par rapport au sol. Pour rappel, la hauteur est la distance comprise entre le drone et le sol, en l’occurrence l’altitude, est la hauteur entre le drone et le niveau moyen de la mer.

La hauteur n’est pas par rapport au point de décollage mais doit être respecter à tout moment comme précisé dans la réglementation :

« Pendant le vol, l’aéronef sans équipage à bord est maintenu à moins de 120 mètres du point le plus proche de la surface de la Terre ». Soyez donc vigilant si vous êtes en haut d’une falaise à ne pas vous retrouvez dans une situation ou d’un seul coup la hauteur vis à vis du sol dépasse la hauteur autorisée. »

Une des règles de la réglementation européenne en catégorie ouverte, déjà présente dans l’ancienne réglementation française, est de toujours garder son drone « à vue ».

Concrètement la réglementation demande les conditions suivantes :

« Maintenir l’aéronef sans équipage à bord en vue directe (VLOS) et assurer un balayage visuel complet de l’espace aérien entourant l’aéronef sans équipage à bord afin d’éviter tout risque de collision avec un aéronef avec équipage. Le pilote à distance interrompt le vol si l’exploitation présente un risque pour d’autres aéronefs, des personnes, des animaux, l’environnement ou des biens ».

En vol FPV, avec un casque sur les yeux comme les DJI Goggles FPV, il est impossible de respecter cette règle.

La réglementation européenne a prévu ce cas, en précisant ce que le télépilote doit assurer :

« Le pilote à distance peut être assisté par un observateur d’aéronef sans équipage à bord se tenant à ses côtés et qui, par l’observation à l’œil nu de l’aéronef sans équipage à bord aide le pilote à distance à effectuer le vol en toute sécurité. Une communication claire et efficace doit être établie entre le pilote à distance et l’observateur de l’aéronef sans équipage à bord ».

Dans les faits, vous pouvez donc voler en immersion si et seulement si, une deuxième personne est présente à côté de vous, qu’elle garde le drone à vue et qu’elle vous alerte en cas de danger pour que vous puissiez faire le nécessaire afin de sécuriser le vol.

Cela vous oblige tout de même à voler à une distance acceptable de vous pour que le drone puisse toujours être gardé à vue par la personne qui vous accompagne.

Il n’est pas précisé que cet assistant doit être formé et/ou en mesure de reprendre les commandes si besoin. Il est juste là pour contrôler l’environnement et vous alerter si besoin pour que ce soit à vous de faire le nécessaire (en retirant éventuellement le casque) en cas de danger. Il n’est donc pas nécessaire que le donneur d’alerte soit titulaire d’une autorisation pour piloter les drones. N’importe quelles personnes peut dès lors vous assister et vous alerter en cas de dangers.

Les Formations de télépilote

En tant que drone non marqué CE, ce sont les règles de la période de transition qui s’appliquent pour le DJI FOV :

La formation « Formation pour la catégorie Ouverte » (formation A1/A3) ou équivalent (formation « Fox Alpha Tango ») est obligatoire. Vous devez vous enregistrer en tant qu’exploitant, comme pour voler avec tout drone >250g ou équipe d’une caméra

Si vous êtes pilote amateur / loisirs :

Vol en sous-catégorie A3 : loin des personnes et à 150m des zones résidentielles, commerciales, industrielles et récréatives.

Si vous êtes pilote professionnel :

Vol en sous-catégorie A2 jusqu’au 31 décembre 2022 : à distance des personnes (50m) autorisé

Vol en sous-catégorie A3 à partir de 2023 : loin des personnes et à 150m des zones résidentielles, commerciales, industrielles et récréatives

Etant donné que le DJI FPV a été commercialisé avant le 1er juillet 2022, il pourra continuer à évoluer sans limite de temps dans la sous-catégorie A3, même après la période de transition (Article 20 du règlement d’exécution (UE) 2019/947 de la commission).

A distance du public et des personnes

Voici comment ce point est défini dans la règlementation européenne : « zone dans laquelle le pilote à distance peut raisonnablement estimer qu’aucune personne ne participant pas à l’exploitation ne sera mise en danger dans le rayon d’action de l’aéronef sans équipage à bord pendant toute la durée de l’exploitation de l’UAS ».

Pourquoi le DJI FPV n’es pas marqué CE ?

Aucun drone CE n’existe actuellement, et les normes ne sont pas encore tout à fait finalisé. Il faudra ensuite que les constructeurs fassent homologuer leur drone dans une classe ou l’autre afin de pouvoir inscrire sur les bolides la marque CE.

En bref, 5 règles à retenir pour voler avec son drone DJI FPV

Vous avez tout bien suivi ? Pour être sûr, je résume les grandes lignes pour être en règle si vous souhaitez voler en loisirs avec un vol FPV :

  1. Vérifier les prérequis en fonction de votre situation (amateur ou professionnel) : âge, enregistrement du drone et formation si nécessaire
  2. Voler dans les zones autorisées
  3. Conserver toujours une hauteur maximale de 120m entre le drone et le sol
  4. Si le drone fait plus de 500g, voler à distance de toute personne extérieure à l’opération et à plus de 150m des zones résidentielles, commerciales, industrielles et récréatives
  5. Être accompagné d’une deuxième personne qui conserve le drone à vue et peut vous avertir en cas de danger

Bien des choses changent très fréquemment dans ce milieu en pleine évolution. Vous voilà maintenant à jour des différentes approches concernant le FPV et les normes qui sont en vigueur en ce moment.